“Les branches attendent du conseil et de l’expertise pour mettre en place le degré élevé de solidarité”

Découvrez l’interview de Véronique Venayre, directrice action sociale et référent dégré élevé de solidarité (DES) chez Harmonie Mutuelle.

Comment abordez-vous le DES chez Harmonie Mutuelle ?

Depuis la sortie des premiers textes sur le DES, nous nous sommes préparés à la mise en place de ce nouveau dispositif. Nous avions déjà une grande expérience sur ces sujets : solidarité, prévention et promotion de la santé, action sociale. Nous avons découvert au fur et à mesure la complexité de la mise en œuvre d’un dispositif porté par les branches, en lien étroit avec d’autres organismes assureurs.

Comment les branches abordent-elles ce sujet ?

Elles attendent du conseil et de l’expertise. C’est quelque chose de nouveau et elles ont plus ou moins d’idées d’actions selon les secteurs. On voit bien, par exemple, que c’est un sujet qui intéresse beaucoup la branche de l’économie sociale et solidaire. D’autres sont très loin de ces préoccupations. De manière générale, toutes les branches souhaitent être accompagnées pour la mise en place tout en maîtrisant leurs décisions. Leurs représentants le disent très clairement.

Vous êtes souvent corecommandé avec d’autres organismes assureurs. Cela ne peut-il pas poser problème sur le dossier du DES ?

Il faut bien sûr que les organismes corecommandés se parlent, arrivent à s’entendre et soient en capacité de faire des propositions communes. Par exemple, si la branche souhaite mettre en place une action d’e-learning, il est important que chaque organisme apporte le même niveau de prestation ou trouve un prestataire pour le faire. Il faut donc mettre en place une collaboration intelligente entre nous. Dans l’ensemble, cela se passe très bien et c’est l’occasion d’établir un autre type de relation entre assureurs.

Quels types d’offres demandent les branches en matière de DES ?

Elles souhaitent à la fois quelque chose de nouveau et de complémentaire à ce dont elles disposent déjà. Il faut aussi les aider à trouver ce qui est spécifiquement adapté à leur domaine d’activité en fonction du profil de la population et de la taille des entreprises. Pour la CCN des bureaux d’études par exemple, avec une population plutôt jeune et masculine, il nous a paru approprié de proposer des aides à la gestion du stress et du e-learning. Dans le cas de la CCN de l’habillement, nous avons été confrontés à une contrainte lourde liée à la taille des entreprises. En effet, il y a beaucoup de magasins ne comprenant que deux ou trois salariés. La mise en œuvre d’une action de prévention doit être adaptée à cette spécificité. Nous réfléchissons actuellement avec la branche afin de trouver le moyen le plus adapté pour toucher les salariés.

Plus concrètement, vers quelle forme de DES s’orientent-elles en priorité ?

Surtout des minorations de cotisation pour certaines catégories – apprentis, salariés qui paient une cotisation équivalant à au moins 10 % de leurs revenus – ou des actions sociales individuelles. Il s’agit dans ces cas de prises en charge financières directes avec un résultat concret et immédiat. Sur les actions de prévention, c’est plus compliqué. Il y a des attentes mais les branches s’interrogent beaucoup sur la forme que cela peut prendre. À nous d’imaginer… Les branches souhaitent vraiment être étonnées, et cela nous oblige aussi à nous remettre en question.

Quel bilan tirez-vous jusqu’ici ?

Le DES est un sujet très neuf. Imaginez : le dernier décret est paru le 9 février 2017. Tout est encore à faire et nous manquons de recul ! Ce que nous pouvons dire aujourd’hui, c’est que le DES peut donner aux assureurs l’opportunité de concevoir de nouveaux services et de créer un autre mode de relation entre eux, mais aussi que la phase de mise en place est très complexe. En effet, la lourdeur du dispositif s’explique par la nécessité de répondre aux demandes de chaque branche de manière spécifique et de devoir mettre en place de nouveaux process, non seulement internes à notre organisme mais aussi communs aux autres co-assureurs, notamment pour les actions de reporting.

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