Dépendance : quels enjeux et quels coûts ?

Le tableau n’est sans doute pas si sombre que l’on a bien voulu le dire. Pour autant, la dépendance reste une question sensible, sur le plan financier, mais aussi pour l’entourage.

Être dépendant, c’est schématiquement être incapable d’accomplir seul plusieurs des gestes essentiels de la vie courante : se lever, se déplacer, se nourrir, se laver. Une situation pour laquelle l’âge est un facteur essentiel : on sait en effet qu’une personne de plus de 85 ans sur deux est dépendante et que l’âge moyen de l’entrée en dépendance est aujourd’hui d’environ 83 ans.
Avec le vieillissement annoncé de la population – l’Insee table sur une hausse de 72 % du nombre de Français âgés de plus de 75 ans à l’horizon 2060 et sur un triplement de ceux qui dépassent 85 ans –, on a pu craindre un temps une véritable explosion sur le front de la dépendance. Il faut sans doute tempérer : l’amélioration des connaissances médicales et des conditions de vie devraient largement limiter le phénomène. On constate déjà que, malgré l’allongement de l’espérance de vie, l’âge d’entrée en dépendance recule légèrement. Le nombre de personnes âgées dépendantes, 1,3 million en France aujourd’hui, progresse relativement peu. On peut donc s’attendre à vivre de plus en plus vieux mais pas forcément plus longtemps dépendants.

Charges élevées, aides limitées

Il reste que la dépendance coûte extrêmement cher et que l’on y est souvent mal préparé. L’hébergement en établissement spécialisé revient en effet à 2 400 euros par mois en moyenne avec de fortes disparités selon les régions. Le maintien à domicile, solution le plus souvent privilégiée, coûte à peine moins cher : 1 800 euros par mois, avec la double contrainte de devoir aménager le logement (jusqu’à 7 000 euros pour adapter une salle de bains) et de prévoir une aide à domicile (450 euros par mois sur la base d’une heure par jour, sept jours sur sept).
Des charges extrêmement lourdes pour lesquelles les aides sont relativement faibles : l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), modulée selon le niveau d’autonomie, les ressources et le lieu de résidence, s’élève en moyenne à 810 euros par mois à domicile et à 430 euros par mois en établissement spécialisé. Les revenus de la personne dépendante ne suffisent généralement pas à payer la différence : on mesure donc tout l’intérêt de souscrire une garantie dépendance.

Pro et aidant : difficile à concilier

Autre aspect dont il faut être conscient, le fait que la dépendance d’un proche est généralement très difficile à gérer. D’autant que l’énergie déployée par un aidant se paie souvent cash : fatigue, fragilité, risques psychosociaux majorés… Sans compter un manque à gagner lié à sa situation globalement estimé à 20 % de ses revenus. La situation est encore plus compliquée pour un travailleur non salarié qui doit composer avec son activité et qui ne peut pas bénéficier de congés rémunérés. À ce titre, le contrat Edeo, éligible au régime Madellin, apporte une réponse intéressante avec des dispositions spécifiques d’aide aux aidants.
Chiffres Insee, CNSA et Ocirp

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