La Prévention santé : outil de management économique et social

Une nouvelle façon de créer du lien dans l’entreprise

Il appartient à l’employeur de garantir la santé et la sécurité de ses salariés au travail… Mais au-delà de cette obligation, l’entreprise peut aussi vivre la prévention santé comme un outil de management économique et social et la mutuelle peut l’y aider !

Démonstration à partir d’un exemple original.

Évaluation des risques professionnels, amélioration continue des conditions de travail…, évoquer la prévention devant un employeur ne doit pas se limiter à lui rappeler un certain nombre d’obligations que fixe la loi.

Les personnes en charge des contrats prévoyance dans l’entreprise nous interrogent souvent pour savoir comment remplir leurs obligations”, souligne le docteur Arnaud Magnin, directeur promotion de la santé de notre mutuelle.

Les aspects les plus évidents sont légaux et juridiques”, reprend-il, “mais on touche aussi à l'humain, à la cohésion sociale et, de plus en plus, à des enjeux économiques. Aux côtés des médecins du travail, se préoccuper de la santé des salariés, même en dehors du cadre de l'entreprise, cela a un impact sur le bien-être, les performances, l'absentéisme et contribue également à diminuer la fréquence et la gravité des maladies.

Plus à l’aise dans son travail…

À ce titre, l’exemple de Coopagri Bretagne – entreprise coopérative agroalimentaire, 4 300 salariés 1,9 mds d’€ de CA – est tout à fait inattendu et intéressant.

En 2006, beaucoup de choses remontent, notamment du comité d’égalité professionnelle, sur le mal-être de nombreuses jeunes femmes de l’entreprise dans leur travail. “Nous avons organisé une réunion interne à laquelle une trentaine de personnes a participé. La discussion a amené beaucoup de questions, mais nous ne savions pas bien comment aborder les choses”, se souvient Mithé Berder, membre de la commission mutuelle au sein du comité d’entreprise.

Face à ce problème, mutuelle, RH et CE réagissent en partenaires… Et la réponse de la mutuelle a de quoi surprendre. “Nous sommes partis d’un constat”, explique Arnaud Magnin. “Une jeune maman qui travaille 8h par jour est souvent inquiète. La former aux gestes de premier secours en pédiatrie, doit lui permettre de se sentir mieux armée vis-à-vis de ses enfants. On peut donc s’attendre à ce qu’elle se sente aussi plus à l’aise dans son travail.

Entreprise, CE, mutuelle et partenaires

Tout le monde y met donc du sien : l’entreprise ouvre ses portes le samedi matin et met une salle à disposition, le CE assure l’accueil et l’intendance, et la mutuelle bâtit la formation en partenariat avec la Croix rouge. “On a assuré jusqu’à 5 sessions par an et nous avons formé au total près de 100 salariés”, raconte Mithé Berder.

Au programme, par groupes d’une dizaine de personnes : 3h30 de théorie sur les problèmes qui peuvent survenir à domicile, sur la route, et de pratique sur deux mannequins – massage cardiaque, position de sécurité, scénario d’intervention.

“C’était très intéressant”, confirme Céline Leborgne, une salariée qui a assisté à l’une des toutes 1ères formations. “Cela permet de faire le tour des incidents domestiques, de comprendre qu’il faut ranger les produits d’entretien, de prendre garde aux cacahuètes… Et de savoir ce qu’il faut faire si l’enfant en avale une !

Espace privilégié

Le bilan est très positif”, souligne Mithé Berder. Le personnel a apprécié. Mais on constate aussi que cela a beaucoup de sens : ce type d’approche crée du lien entre la mutuelle et ses adhérents, entre l'entreprise et ses salariés. La mutuelle n’est plus uniquement perçue comme un prestataire de remboursement. Et l’entreprise apparaît aussi comme un espace privilégié pour mener des actions de prévention : “Je n’aurais pas fait cette démarche si on ne me l’avait pas proposé au travail”, reconnaît Céline Leborgne.

Facteur de cohésion

Un intérêt pour le salarié, on le comprend. Pour la mutuelle, qui peut voir à terme une diminution de ses coûts, également…

Mais l’employeur qu’y gagne-t-il ? Sans compter que, sur un marché du travail parfois compliqué, c’est d'abord un argument pour recruter ou conserver les meilleurs éléments… “L’employeur montre aussi à ses salariés qu’il pense à eux”, répond Arnaud Magnin. “En interne, cela concourt à la cohésion sociale en contribuant à créer une culture commune et une bonne ambiance. Il est clair que l’on dépasse le cadre légal pour se situer à un niveau strictement humain”.

Mithé Berder reprend elle aussi cet argument sociologique à partir d’un intéressant constat : “Avec ce type de formation, les barrières socioprofessionnelles tombent. Cadre, secrétaire, ouvrier… Tout le monde est parent !”

Une démarche type

Nous commençons toujours par réaliser une étude poussée pour cerner tous les aspects”, explique Arnaud Magnin, “en rencontrant tous les acteurs concernés par la santé dans l’entreprise – direction, syndicats, CHSCT, médecine du travail – et en questionnant les salariés. Même si l’entreprise a identifié un besoin, il est toujours intéressant d’aller plus loin pour prendre en compte la santé globale des salariés.

L’étude débouche sur des préconisations et la mise en place d’actions :

  • mini conférences,
  • ateliers,
  • plates-formes téléphoniques,
  • articles pour le journal interne,
  • vidéos,
  • expos thématiques…

Ces actions sont organisées avec le concours de partenaires spécialisés – le Conservatoire National des Arts et Métiers, notamment – et peuvent être mutualisées pour les TPE. “Nous terminons par une évaluation en mesurant les bénéfices pour le salarié et pour l’employeur. Les attentes principales ? L’alimentation, le stress, la fatigue, l'activité physique et les douleurs.

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