Le temps de la prévoyance

La couverture santé est un aspect important de la protection sociale… Mais sans doute pas autant que la prévoyance. En tant qu’employeur, pourquoi devez-vous l’envisager ?

De tout temps, les mutuelles ont fait de la prévoyance. Couvrir ces gros risques est dans leur ADN : le premier objectif des sociétés de secours mutuel était en effet d’assurer leurs membres contre les conséquences d’un décès ou d’une invalidité, de verser une rente pour le conjoint ou pour l’éducation des enfants.

C’est pourquoi aujourd’hui, la prévoyance entre bien dans la stratégie d’Harmonie Mutuelle d’accompagner ses clients tout au long de la vie et de les aider à faire face à tous les aléas de l’existence. C’est aussi pourquoi l’entreprise doit l’envisager pour ses salariés. Olivier Huet, directeur grands comptes et conventions collectives nationales chez Harmonie Mutuelle, nous explique pourquoi.

Olivier Huet, directeur grands comptes et conventions collectives nationales “L’entreprise a tout intérêt à considérer prévention, santé et prévoyance de façon globale”

Pourquoi la prévoyance est-elle importante ?

Parce que c’est à la fois le prolongement naturel de la complémentaire santé et le premier risque qui devrait être assuré : il est peu fréquent mais les conséquences sont bien plus graves. En santé, bien que des restes à charge demeurent, une maladie de longue durée va être prise en charge à 100 %… Par contre, en cas d’arrêt ou d’invalidité, c’est totalement différent.

Quel poids la prévoyance représente-t-elle pour Harmonie Mutuelle ?

Mutex, l’alliance mutualiste dont Harmonie Mutuelle fait partie, est classée autour de la dixième place parmi les opérateurs de prévoyance. En propre, Harmonie Mutuelle enregistre aujourd’hui un chiffre d’affaires de 80 millions d’euros en prévoyance collective, pour 20 000 contrats collectifs et compte 55 000 entreprises adhérentes. Ce n’est pas anodin pour nous ! Pour autant, notre part de marché est dix fois plus faible en prévoyance qu’en santé. Manifestement nous pouvons mieux faire !

La complémentaire santé est désormais obligatoire pour les salariés du privé. Pensez-vous que cela puisse un jour être le cas pour la prévoyance ?

Aujourd’hui, la prévoyance collective couvre entre 13 et 15 millions de personnes. Ce qui veut dire que 3 à 4 millions de salariés du privé ne sont toujours pas couverts par leur entreprise. Dans un sens, on peut se dire que c’est peu, mais il faut se rappeler que la prévoyance cadres est obligatoire et que les conventions collectives ont pris en compte la prévoyance bien plus tôt que la santé.

Beaucoup de partenaires sociaux reconnaissent d’ailleurs aujourd’hui qu’il aurait été plus judicieux de rendre la prévoyance obligatoire avant la santé. La loi de sécurisation de l’emploi a d’ailleurs proposé aux branches de lancer une négociation collective sur la prévoyance. Peu l’ont fait car il n’y avait aucune obligation. La couverture prévoyance obligatoire viendra en son temps, c’est dans le sens de l’histoire.

Quelle est la réceptivité des entreprises à la prévoyance aujourd’hui ?

Le contexte est favorable, notamment avec les démarches RSE. Elles entendent les arguments mais ne passent pas forcément à l’acte. Il faut réussir à mettre les choses en perspective, insister sur le fait que cela crée du lien social, de la solidarité et, au final, de la performance pour l’entreprise.

Le coût peut-il être un frein ?

Pas vraiment. On peut avoir une bonne couverture invalidité entre 0,3 et 0,5 % du salaire. Et entre 0,2 et 0,3 % pour une rente éducation. Cela peut être un argument intéressant lorsque les discussions salariales sont difficiles : ce n’est pas cher et peu chargé socialement ! Et il y a parfois plus de valeur de couvrir un salarié pour l'aider à maîtriser ses revenus en cas de coup dur, plutôt que de lui attribuer une augmentation qui sera souvent une source d’insatisfaction ! Les salariés, à qui l’on demande beaucoup, sont sûrement reconnaissants de se savoir bien couverts.

Que faut-il couvrir en priorité selon vous ?

Le risque décès est souvent pris en compte par ailleurs, notamment dans les assurances des prêts. Il faut donc sans doute donner la priorité à l’invalidité qui coûte cher sur le long terme. Et à la rente éducation, car les enfants ne peuvent pas se couvrir seuls, c’est à leurs parents de décider de s’assurer.

Pourquoi une entreprise cliente en santé peut-elle avoir intérêt à vous confier aussi la prévoyance ?

Parce que tout est lié ! L’entreprise a tout intérêt à considérer globalement prévention, santé et prévoyance. En réunissant les deux risques, on va pouvoir mener des actions de prévention cohérentes qui vont avoir des effets sur le climat social, sur la motivation des salariés, donc sur les risques, donc sur la prévoyance !

Cela donne aussi la possibilité de gérer les budgets de façon globale et cohérente sur le long terme. Il est par exemple inutile de disposer d’une surcouverture en santé sans une bonne couverture en prévoyance. De même, il est inutile de multiplier par trois le capital décès en cas d’accident de la route : mieux vaut sans doute revoir la clause de décès toutes causes. Catherine Touvrey, la directrice générale d’Harmonie Mutuelle dit souvent que nous avons trois métiers aujourd’hui : la santé, la prévoyance et la prévention, avec tous les services qui vont autour. Il y a vraiment de la cohérence dans tout cela.

Pour plus d’information sur la prévoyance, consulter les articles précédents.

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