Télémédecine : le nouveau champ des possibles

Désormais encadrée, la télémédecine va rapidement intégrer notre quotidien. C’est une véritable révolution qui se profile…

Devoir attendre plusieurs jours ou plusieurs semaines pour obtenir un rendez-vous, patienter longuement dans une salle d’attente bondée, se rendre aux urgences pour un simple rhume… Ce ne sera peut-être bientôt plus qu’un mauvais souvenir grâce à la télémédecine. Les pouvoirs publics ne s’y sont pas trompés : la ministre des Solidarités et de la Santé faisait déjà l’an passé de la télémédecine l’un des piliers de sa feuille de route pour lutter contre les déserts médicaux, l’engorgement des services d’urgence ou l’automédication.

Stratégique… et économique

Le terme télémédecine regroupe en fait un ensemble de pratiques médicales distantes. Grâce à la télésurveillance médicalisée, le malade chronique ou le patient sortant d’une hospitalisation peuvent être suivis de façon moins contraignante puisque leurs données sont analysées à distance par les professionnels de santé. Grâce à la télé-expertise, deux praticiens – un généraliste et un spécialiste, voire deux spécialistes – échangent sur le cas d’un patient, ce qui lui permet d’éviter un rendez-vous physique et de bénéficier d’une prise en charge plus rapide… donc plus efficace.
Grâce à la téléconsultation enfin, les personnes vivants en milieu rural ne sont plus obligées de faire plusieurs dizaines de kilomètres pour se rendre à la ville voisine… Et le risque de renoncer aux soins faute de solution de consultation rapide et pratique s’éloigne. Il peut même y avoir des effets induits intéressants puisque le pensionnaire d’Ehpad n’est plus forcément obligé de se déplacer… ce qui permet de préserver des patients fragiles, de gagner du temps et de limiter les frais d’ambulance !
En facilitant une prise en charge précoce, la télémédecine devrait même selon certains experts permettre de réduire les coûts des traitements médicaux.

 

Trop formel ?

Aujourd’hui, la télémédecine entre par la grande porte dans le droit commun des pratiques médicales : suite à un accord signé en juin par l’Assurance-Maladie et les syndicats de médecins, la téléconsultation est en effet, depuis le 15 septembre, un acte reconnu et remboursé par l’Assurance-Maladie. À condition qu’il y ait une prise de rendez-vous initiale et la fourniture d’un lien de connexion par le praticien, qu’il s’agisse d’un échange vidéo et que la connexion soit sécurisée. La téléconsultation doit également être à l’initiative du médecin, et exige que ce dernier ait rencontré physiquement le patient dans les 12 mois précédents.
Même s’il semble que l’on puisse utiliser des outils courants comme Skype ou FaceTime, le formalisme de la procédure pourra rebuter. Autre écueil : tout le monde ne possède pas ou ne maîtrise pas le matériel nécessaire. C’est d’ailleurs pourquoi les cabines de téléconsultation devraient se développer dans les pharmacies ou les centres paramédicaux.

Solutions alternatives

Afin de faciliter l’accès aux soins, certains opérateurs choisissent d’ailleurs une voie alternative en s’affranchissant de certaines contraintes – rendez-vous préalable, vidéo obligatoire – posées par la Sécurité sociale. Cette téléconsultation non remboursée est intégralement prise en charge par la complémentaire santé. La mise en relation immédiate avec un praticien (bien souvent inconnu du patient à la différence de la téléconsultation conventionnelle) permet en effet de donner un conseil, rassurer la maman inquiète, poser un diagnostic et, si besoin, délivrer une ordonnance. C’est ce que proposera prochainement Harmonie Mutuelle à ses adhérents en partenariat avec la plate-forme d’e-santé Mes Docteurs – filiale du Groupe VYV, dont Harmonie Mutuelle est l’une des fondatrices.

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